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FranceBlock : j’ai fini par coder mon propre bloqueur d’appels

Il y a eu une période où mon téléphone sonnait jusqu’à dix fois par jour. Dix. Et jamais pour une bonne raison : la rénovation énergétique, le compte formation, les panneaux solaires, la mutuelle, et cette « petite enquête de deux minutes » qui n’a jamais duré deux minutes de sa vie. Au bout du huitième appel pour me vendre je ne sais quoi, j’ai commencé à considérer mon téléphone comme l’ennemi. Je le regardais vibrer sur la table comme on regarde un moustique se poser sur son bras.

Alors un soir, j’ai fait ce que je fais toujours quand quelque chose m’agace assez longtemps : j’ai ouvert un éditeur de code. C’est comme ça qu’est né FranceBlock, mon application Android pour bloquer les appels indésirables.

FranceBlock, application Android de blocage d’appels indésirables

Au début, ça devait être un petit truc vite fait

Comme souvent avec mes projets, ça devait être un petit truc vite fait. Une liste de préfixes, un filtre, deux écrans, on n’en parle plus. Et surtout, ça devait servir à une seule personne : moi. À la rigueur à ma femme, si elle demandait gentiment. Aucun plan, aucune ambition, juste l’envie de faire taire mon propre téléphone.

Sauf qu’au bout d’une semaine, j’ai fait une constatation un peu embêtante : le truc bricolé un dimanche soir était devenu franchement pratique. Beaucoup trop pratique pour rester dans mon coin. C’est généralement à ce moment-là que mes projets dérapent. J’ai lu, j’ai fouillé, j’ai regardé comment le démarchage téléphonique fonctionne réellement en France, et j’ai commencé à ajouter des fonctions les unes après les autres.

Parce que dès qu’on bloque les premiers numéros, on découvre que le démarchage téléphonique revient par la porte d’à côté, avec un chiffre qui a changé. J’ai donc ajouté le blocage de plages complètes de numéros. Puis d’autres plages. Puis je me suis dit que, tant qu’à faire un bloqueur, autant ne pas faire semblant : j’y ai intégré une grosse base de numéros signalés, enrichie des avis utilisateurs Tellows, c’est-à-dire des gens comme vous et moi qui prennent trente secondes pour expliquer qui vient de les appeler et pourquoi c’était pénible. Aujourd’hui, FranceBlock bloque plus de 17 millions de numéros. Ce chiffre, je ne l’avais pas prévu. Il est arrivé tout seul, plage après plage, pendant que je m’entêtais.

Et puis, à force d’y passer mes soirées, une deuxième idée s’est invitée : tant qu’à avoir construit quelque chose d’aussi pratique, autant en tirer un petit billet au passage. Je n’ai jamais rêvé de devenir riche avec un bloqueur d’appels. Mais un projet qui se paie ses propres soirées est un projet qui continue d’avancer.

Trois façons d’envoyer promener un démarcheur

Une fois la base en place, restait la vraie question : qu’est-ce qu’on fait de l’appel ? J’ai tranché en proposant trois modes, parce que je change moi-même d’avis selon les journées.

Le rejet raccroche au nez, net et sans bavure. Le mode silencieux laisse le téléphone parfaitement muet — l’appel existe, mais moi je n’en sais rien, ce qui est exactement ce que je demande à un bloqueur d’appels sur Android. Et puis il y a la redirection vers le répondeur, mon préféré : les démarcheurs peuvent désormais discuter avec mon répondeur. Il est très patient. Il ne les interrompt jamais. Il ne signera rien non plus, mais ça, ils le découvrent tout seuls.

À côté de ça, il y a vos propres listes : une liste blanche pour les numéros qui doivent toujours passer — le médecin, l’école, le collègue qui appelle depuis un standard bizarre — et vos listes personnelles pour tout ce que vous voulez ajouter au filtre. C’est votre téléphone, c’est vous qui décidez qui a le droit de le faire sonner.

Une cinquantaine de testeurs, zéro appel nuisible

Avant de le sortir, j’ai fait tester FranceBlock à une cinquantaine de personnes, avec des téléphones et des habitudes très différents des miens. Résultat : zéro appel nuisible pendant toute la durée des tests. Pas « beaucoup moins ». Zéro.

Je continue à l’utiliser tous les jours, évidemment. C’est le meilleur test que je connaisse : si le spam téléphonique revenait chez moi, je serais le premier à le savoir, et le premier à râler.

Pas de pub, pas d’abonnement, et remboursement sans discuter

FranceBlock n’affiche aucune publicité et ne vous vend aucun abonnement. Vous payez une fois, l’application est à vous, point. Je trouve un peu insultant l’idée de payer tous les mois pour ne pas être dérangé par des gens qui vous dérangent déjà gratuitement.

Et si malgré tout vous n’êtes pas satisfait : je rembourse intégralement, sans discuter. Pas de formulaire, pas de justificatif, pas de « votre demande est en cours d’étude ». Je préfère largement rendre trois euros que garder un utilisateur mécontent.

Bref

Maintenant, mon téléphone sonne quand quelqu’un veut réellement me parler. C’était quand même le concept de départ d’un téléphone.

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